L’évolution de l’activité professionnelle par le prisme de l’Uberisation du travail.

Depuis les déboires d’Uber à travers le monde (Hoffstette, 2015) et l’interdiction récente du système de location privé Airbnb à Berlin (Martin, 2016), l’uberisation du travail continue à faire parler d’elle et à susciter la polémique. Considérée comme une petite révolution surtout du côté des utilisateurs, cette nouvelle forme de travail fait également planer des menaces sur l’activité de nombreux professionnels. Que signifie vraiment le concept d’Uberisation et en quoi ce phénomène nous renseigne-t-il sur l’évolution du travail dans notre société ?

Le business modèle de la célèbre startup Californienne Uber « propose l’utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi-instantanée, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies » (Wikipédia). Dans l’absolu, l’idée semble très attractive car d’une part, on utilise la technologie (par exemple les applications mobiles) comme un nouveau moyen d’échange commercial plus direct et plus rapide. D’autre part, la nature de cet échange est une bonne opportunité pour devenir indépendant, sans engendrer de gros investissements. Cette solution encourage donc l’individu à se tourner davantage vers l’entreprenariat.

L’idée paraît intéressante pour de nombreuses personnes néanmoins, l’uberisation du travail provoque une vague de résistance partout dans le monde. En effet, Uber a dû faire face à des manifestations, des pétitions, voire une interdiction d’activité comme par exemple à New Dehli. Maurice Levy fût le premier à pointer du doigt ce système, donnant naissance au néologisme d’uberisation du travail :

L’Uberisation est « l’idée qu’on se réveille soudainement en découvrant que son activité historique a disparu… Les clients n’ont jamais été aussi désorientés ou inquiets au sujet de leur marque et de leur modèle économique » – Cuny D. 2014, Interview la Tribune.fr

Selon Philippe Silberzahn, auteur de « relevez le défi de l’innovation du futur », une des grandes peurs des français face à ce phénomène est la perte du travail. On pense bien évidemment à la profession de chauffeur de taxi qui serait happée par l’apparition d’Uber Pop ou encore au secteur de l’hôtellerie qui disparaîtrait complètement car les clients préféreraient séjourner dans des habitations louées directement à des particuliers grâce au système Airbnb.

Dans un contexte économique extrêmement tendu en Europe où le chômage ne cesse d’augmenter depuis la crise de 2008, la peur et l’incertitude paralyse la société. Pendant ce temps, pas de véritable changement pour créer de l’emploi. Mais alors, quelles sont les alternatives pour repenser l’emploi de demain ? Si Uber représente une anomalie, n’est-ce pas le reflet d’un système économique défaillant à la recherche d’un nouvel équilibre ?

chomage, statistique, europe

Le 21 siècle a assisté à la polarisation de l’activité économique en une poignée de grandes corporations détenant un pouvoir de décision inquiétant. C’est le cas par exemple de l’industrie alimentaire qui possède des leviers de pression importants pour influencer les politiques gouvernementales (http://convergencealimentaire.info/). Or, l’idée d’une organisation du travail dite « horizontale » plaçant l’individu dans une posture d’acteur entreprenant sans intermédiaire offre une alternative au système hiérarchisé et centralisé des grandes oligopoles. Cette conception du travail s’inscrit dans une économie collaborative prônant des valeurs de durabilité en rupture avec le capitalisme traditionnel. Et si c’était ça la vision des geeks de la Silicon Valley ? To really make the world a better place !

En conclusion, la révolution aura lieu pour autant que l’on décide d’ouvrir le débat. Prenons le temps de fixer les règles de ce système pour éviter les abus et ne pas perdre nos acquis sociaux. Comme toute technologie, c’est l’utilisation que l’on en fait et la manière avec laquelle on se l’approprie qui va déterminer sa participation ou non au progrès de notre société. A cet égard, le rôle des gouvernements et des citoyens est vital. Espérons seulement que la résistance déjà enclenchée constituera un appui pour amorcer un changement de paradigme vers une nouvelle organisation du travail.

Bibliographie:

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2 réflexions au sujet de « L’évolution de l’activité professionnelle par le prisme de l’Uberisation du travail. »

  1. Intéressant article que j’ai lu grâce à votre papa Jean-Marie que je connais de l’Algarve et qui m’a souvent parlé de vous. Je vous souhaite plein succès suite à votre retour du Mexique.
    Michel Liebmann

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