Comment mieux appréhender le changement à travers les croyances?

Les connaissances permettant d’aborder le changement constituent des atouts clés pour faire face aux défis humains et professionnels. Aussi bien pour celui qui le vit que pour celui qui l’induit, il est nécessaire d’acquérir certaines bases théoriques afin de maîtriser les mécanismes relatifs au changement. Quels sont les différents types de changement? Quels conseils peut vous donner un coach professionnel pour amorcer le changement ?

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Dans un premier temps, intéressons-nous aux différentes formes de changement et à leurs effets. Paul Watzlawick (1974), la figure de proue de l’École du Palo-Alto, affirme qu’il existe deux distinctions :

  • Premièrement, le « type I » consiste à changer seulement un élément du système. On se réfère ici à la théorie générale des systèmes[1] et donc à tous types de systèmes : humain et non humain. Prenons l’exemple d’une entreprise dans un contexte d’absentéisme normal. Si un employé s’absente quelques jours, ses collègues vont modifier leurs routines afin de palier à ce manque. Dans ce cas, l’absence d’une personne est un élément qui va modifier momentanément le système. Cependant, la réaction de ses collaborateurs ne se fera pas attendre et sera interprétée comme un phénomène d’autorégulation qui aura pour conséquence le retour à un équilibre permettant le bon fonctionnement de l’entreprise. En effet, d’après la loi de l’homéostasie, tout système a tendance à revenir à son point d’équilibre

Le changement de type I affecte un ou plusieurs éléments faisant partie d’un même système, mais les fondements de celui-ci ne sont pas modifiés et le retour aux conditions initiales est inéluctable.

  • Deuxièmement, P. Watzlawick introduit le changement de « type II » par l’idée que c’est le système lui-même qui se modifie ou qui est modifié. En d’autres termes, c’est son essence, ses principes et ses règles de fonctionnement qui changent. Illustrons ceci par l’exemple d’une entreprise qui doit opérer une transition d’une hiérarchique verticale à l’horizontale. Ceci aura pour conséquence une évolution vers un management participatif accompagné par davantage d’autonomie des salariés. De nouvelles valeurs et croyances accompagnent ce paradigme et vont donner lieu à de nouvelles pratiques comme par exemple l’utilisation du feedback.

Le changement de type II se fait hors du cadre, il implique une rupture de paradigme qui peut parfois paraître contraire au sens commun et créer des résistances. Il nécessite donc une grande ouverture d’esprit et une vision forte. En plus d’avoir un impact profond et durable, cette forme de changement est auto-génératrice, c’est-à-dire qu’elle permet au système de créer ses propres solutions.

Continuons maintenant notre réflexion en considérant l’être humain comme un système, lui-même composé de sous-systèmes : les cellules, les vaisseaux sanguins ou les pensées. Pour instaurer un changement durable et profond chez l’individu, il serait donc plus efficace d’amorcer un changement du type II, c’est-à-dire au niveau des croyances et des normes de fonctionnement. Voici quelques conseils permettant d’engendrer ce type de changement:

  • Apprenez à mieux vous connaître.

« En se confrontant avec l’inconscient, le Moi se transforme. »

– C.G. Jung

Comment et pourquoi nous comportons-nous de la sorte dans une situation donnée ? Face à une même problématique, tout le monde ne réagit pas de la même façon. Être conscient de sa personnalité, nous permet de changer nos comportements afin de s’adapter aux différents contextes. Par exemple, pour beaucoup de leader, parler en public est une nécessité. Malheureusement cet exercice n’est pas facile pour les personnes introverties. Être conscient de ce trait de caractère représente un premier pas vers le changement. Ensuite, il est recommandé d’exercer son style « orateur » pour mieux réussir l’exercice. Bien-sûr, ce travail basé sur la psychologie et l’observation est difficile à faire soi-même. Il est donc préférable de s’entourer de professionnels et d’outils psychométriques comme Insight Discovery, MBT ou Innermetrix.

  • Identifiez et poursuivez vos rêves.

« On ne devient pas champion dans un gymnase.

On devient champion grâce à ce qu’on ressent ;

un désir, un rêve, une vision »

 – Mohammed Ali

Posséder une vision claire de nos projets enrichit considérablement notre identité et les raisons pour lesquelles nous décidons de changer. En effet, le changement n’est pas une fin en soi. L’Homme se transcende pour atteindre ses rêves. Avoir un but est motivant et facilite le processus de changement. Par exemple, pour sa traversée du monde en ballon aérostatique, Bertrand Picard a dû faire face à une situation qui l’a obligé à se remettre en question et à se faire à l’idée que le chemin le plus court n’est pas toujours la plus rapide. Pour éviter d’achever son périple dans l’océan indien, le pilote suisse a laissé sa vie aux mains des météorologues et a pris des vents contraires à sa destination. On voit ici que le projet de l’aventurier l’a amené à se confronter à une situation nouvelle qui l’a forcé à penser autrement et à réviser ses certitudes. En général, le désir d’accomplir un projet pousse l’individu à se dépasser. Ayez donc le vôtre en tête et utilisez-le comme une locomotive du changement.

  • Soyez humble !

« Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien »

– Socrate

Peut-on réussir à changer sans accepter ses erreurs ? En effet, il est difficile d’admettre que l’on a tort, surtout lorsqu’on fait preuve d’arrogance. Reconnaître ses faiblesses, c’est être vulnérable or dans une société ou l’image du surhomme est une référence, difficile d’aller à l’encontre de cet archétype. Nous luttons chaque heure, chaque minute pour imposer notre vérité, mais c’est peine perdue car nous ne sommes pas les seuls ! Au contraire, être humble c’est avoir la capacité de se remettre en question ; apprendre à reconnaître ses erreurs et s’ouvrir vers d’autres vérités. Par exemple, dans les années 50, quand les techniciens de Ford sont arrivés au Japon et ont visité les usines de Toyota, ils n’ont pas vu de pièces en stock. De retour aux Etats-Unis ils sous-estimaient la marque asiatique. 30 après Toyota avaient inondé le marché américain notamment grâce à son système de production « juste à temps ».

  • Sachez reconnaître les croyances à l’origine de vos erreurs.

« La folie, c’est se comporter de la même manière et s’attendre à un résultat différent ».

– A. Einstein

Comme un iceberg, les croyances sont profondément immergées dans notre inconscient. C’est pourtant elles qui guident nos comportements. Les résultats ne représentent que la partie visible. Ainsi pour comprendre nos erreurs, il faut avoir le courage de se questionner et ci-besoin de substituer les croyances « incorrectes » par d’autres « correctes ». Par exemple, quand vous commettez la même erreur plusieurs fois ; posez-vous la question : quelles sont les croyances qui m’amènent à me comporter ainsi ? Ecrivez-les et pensez à ce qui vous a amené à les construire (milieu social, éducation, expériences, relations). Ensuite, pensez aux nouvelles croyances qui vous permettraient de vous comporter et d’agir différemment et voyez si vous obtenez les résultats escomptés.

  • Créez des espaces pour penser autrement.

“Between stimulus and response there is a space.

In that space is our power to choose our response.

In our response lies our growth and our freedom”.

– Viktor E. Frankl

Prendre le temps de s’arrêter pour entrer en réflexion avec nous-mêmes n’est pas chose aisée. Dans nos sociétés, nous sommes constamment sollicités de part et d’autre. Par exemple, selon Arnaud Pêtre (2007), chercheur en neuromarketing a l’ULC, « nous serions exposés chaque jour à environ 1.200 à 2.200 publicités ». Dès notre réveille, les écrans, images ainsi que notre entourage nous extraient de notre monde interne. Ce ne sont pas les autres ou les choses qui changent, mais notre rapport à celles-ci. Il est donc en notre pouvoir de prendre le temps et l’espace afin de recentrer nos pensées et nos intentions. Par exemple, 5 minutes de méditation par jour seraient suffisantes pour impacter de manière positive les pensées qui amènent à changer.

En conclusion, n’attendez pas le changement pour commencer à changer. Incarnez-le, soyez son architecte ! De plus, s’il vient de vous, la motivation sera d’autant plus forte. Il n’existe pas de formule magique, le travail et la constance vous permettra d’y parvenir. Depuis vos croyances jusqu’aux gestes au quotidien, je vous invite à embrasser le changement dans sa totalité et sa permanence.

Références:

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